Guilde de Djaul - Night Fate
 
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 Julia Del Arbustia

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Herbe
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MessageSujet: Julia Del Arbustia   Mer 1 Juin - 22:16

Miaou,

Voilà l'histoire de ma folie verte. Pour le moment, elle est pas finie, je posterai la suite au fur et à mesure que j'avance.

Ce n'est pas Herbe qui vous raconte cette histoire, c'est moi. D'un point de vue RP, vos persos ne sont pas censés connaître tout de l'histoire d'Herbe sauf si elle vous en a parlé. Merci.



Herbe au fil du temps


Des bizous à vous.




27 septange 613, la nuit venait de tomber sur la forêt située à l’est d’Astrub. Une petite cabane mal éclairée se dressait maladroitement au milieu des arbres. Ses murs tremblaient au son d’une mère et de son enfant. La mère était une disciple d’Ecaflip au pelage argenté, ternis par le temps et les affres de la vie. Son museau était noir et abîmé, ses cheveux poivre et sel tombaient jusqu’au bas de son dos. Elle portait l’enfant à bout de bras, comme un paquet que l’on veut tenir loin de soi. La petite criait et la mère, apeurée et dépassée, hurla à son tour : « Mais qu’est-ce que je dois faire ?! Arrête ! Tais-toi ! ». Elle se mit à pleurer, aussitôt imitée par l’enfant. Un bout de bois vint claquer contre la fenêtre crasseuse de la bâtisse. « Va-t’en ! », aboya l’argentée. Le branchage fit à nouveau tinter le verre. De l’autre côté se trouvait un abraknyde à la carrure imposante. L’Ecaflip ouvrit la fenêtre. « Puisque tu me colles, occupe-toi de ça ! », elle fourra alors l’enfant dans les branches de l’être de bois. L’abraknyde planta ses racines devant la cabane et serra l’enfant contre son tronc où elle s’endormit.


***


Les mois passèrent pour l’étrange famille. Durant ce laps de temps, un prénom fût trouvé : Julia. La petite ne l’entendit que très peu, mais il avait le mérite d’exister. Sa mère ne voulait pas l’utiliser, l’abraknyde, lui, n’en avait pas la possibilité. Bien que muet, lui et l’enfant se comprenaient parfaitement. Elle grimpait dans ses branches jusqu’au sommet, chassait les araknées qui couraient le long de son tronc et dormait à son ombre tous les après-midi. Il la surveillait, prenait soin d’elle et la cachait quand l’argentée se mettait à hurler. Seule l’enfant lui adressait la parole, en utilisant le sobriquet « Papa ».
Papa n’était évidemment pas le géniteur de Julia. C’est au détour d’une promenade qu’il avait croisé la route de l’Ecaflip argentée, Magali. Cette dernière errait dans la forêt, en serrant contre sa poitrine un petit sachet de poudre blanche. Le peu de soleil qui parvenait à passer la cime des arbres faisait briller son pelage argenté. Papa sentit des fourmillements au plus profond de ses nervures. Il s’assura plusieurs fois qu’une araknée ne courrait pas sur lui, puis se rendit à l’évidence, il était amoureux. Il suivit de loin la jeune femme, ne voulant pas la brusquer. Lorsque, le soir, il la vît dormir au creux d’un arbre mort, il comprit qu’elle n’effectuait pas une simple visite touristique. Il commença à lui construire une cabane, s’inventant déjà une petite vie de famille à ses côtés. Magali avait bien remarqué le manège de cet être bizarre, et en profita quelque peu. Il chassait pour elle, faisait les travaux et même le ménage. Elle avait une fâcheuse tendance à disparaître pendant plusieurs jours et à revenir comme si de rien n’était, le museau tâché de poudre et les yeux dans le vague. Un jour, ce ne fût pas des petits sachets qu’elle ramena, mais un ventre bien rond accompagné de quelques nausées. Elle devint alors distante et resta enfermée dans la cabane, entourés de bouteilles d’eau-de-vie et de sachets. Jusqu’au jour où Papa toqua à la fenêtre.


***


Courant et jouant, l’enfant était sur le monde des Douze depuis 5 ans maintenant. De petites oreilles pointues ornaient un visage où pointait un petit museau marron. Un pelage vert et noueux lui tenait chaud. Une main argentée lui attrapa la queue et la souleva du sol. L’enfant se débattit un moment avant de se laisser faire. « Ton bout de bois est parti. J’ai trouvé ça. », Magali montra alors ce qui ressemblait à un morceau de planche où se trouvait planté une hache rouillée. La petite se mit à pleurer, la tête en bas. La femme lâcha Julia, qui retomba alors au sol, puis retourna dans la cabane. L’enfant entreprit de faire le tour de la forêt pour retrouver Papa. Le soleil était déjà couché depuis un moment lorsqu’elle reprit le chemin de la maison. Ses pattes lui faisaient mal, son pelage était boueux, et la fatigue l’avait fait tourner en rond plusieurs fois. Elle s’avança le plus doucement possible de la cabane délabrée et entrouvrit la porte. Seule la lune éclairait le désordre régnant sur l’unique pièce de l’habitation. Julia trébucha sur un des nombreux vêtements traînant au sol et atterrît dans un tas de bouteilles vides. Elle se remit tout de suite sur ses pattes et regarda autours d’elle, alerte. Pourquoi Magali ne lui avait pas déjà attrapé les oreilles ? Une fine poudre blanche voletait dans l’air. Julia s’approcha d’un tas de petits sachets et posa le bout de ses doigts dessus. Un amas gris sale se jeta alors sur elle et lui empoigna le cou : « Ne touche pas à ça ! ». Julia griffa les bras du monstre argenté. Ce dernier n’y prêta pas attention et resserra son étreinte en invectivant : « Petite pute, je ne voulais même pas de toi ! ». L’air venait à manquer, les bras de la jeune féline arrêtèrent leurs griffures et pendaient maintenant le long de son corps. L’endroit semblait plus sombre. Elle tomba au sol, lourdement. L’air passa à nouveau dans sa gorge. Le monstre était à terre, pris de spasmes. Ses mouvements faisaient tinter les bouteilles et voler la poussière blanche dans toute la pièce. Julia resta à genoux, reprenant son souffle devant l’argentée qui tressautait. Depuis combien de temps maintenant ? Les bouteilles stoppèrent leur mélodie alors que l’enfant avançait vers sa mère. La poudre retombait sur leurs pelages, doucement. Et le silence envahit la forêt.


***


Le soleil brillait sur Amakna. Le champ des Ingalsse se berçait au gré du vent. Derrière les plants de blé se dressait le bout d’une queue verte. Non loin de là, un tofu rond et dodu tournait autour d’une femelle agacée. Il gonflait son poitrail à tel point qu’on pouvait aisément l’imaginer en train d’exploser. Il essayait de se rapprocher de sa convoitise en battant des ailes bien trop petites pour permettre de soulever une telle surcharge pondérale. La femelle jeta un œil derrière le séducteur et détala à toute vitesse en piaillant. Le gros tofu fit la moue, blasé, avant de se rendre compte qu’une ombre planait au-dessus de lui. Une jeune féline bondit sur lui et l’attrapa entre ses griffes. Toute fière, elle ramena sa prise entre ses crocs jusqu’au temple Ecaflip. Il fallait qu’elle rentre vite, aujourd’hui c’était le jour des éléments, une cérémonie durant laquelle les enfants du temple choisissaient leurs armes fétiches. Au terme de la cérémonie, ceux âgés de plus de 13 ans pouvaient partir à l’aventure et voler de leurs propres ailes.
A son arrivée, Julia lâcha le bout de viande plumeux devant le garde-manger et se rua dans la grande salle. Des armes blanches y étaient entassées à côté d’un pêle-mêle d’armes en bois. Un disciple un peu pataud se prit les pieds dans un bâton et tomba tête la première dans les bouts de bois. Ses camarades se précipitèrent pour l’aider. Julia n’en s’en soucia pas et avança jusqu’au centre de la pièce où se tenait une table recouverte de cartes de jeu. Chaque carte semblait briller d’une magie puissante. La jeune fille prit entre ses doigts un paquet qui portait la mention « Pile ou Face ». Le paquet brun se désagrégea à son contact, la poussière tomba sur les autres cartes. Un adulte, dissimulé sous une capuche et un long manteau, prononça d’un ton flegmatique : « Aucune affinité avec la terre. ». Elle lui jeta un regard noir et prit alors un paquet où les cartes alternaient entre le bleu et le vert. Elle essaya de lancer la première carte du paquet sur le mannequin d’entraînement. La carte verte ne suivit pas la trajectoire escomptée et s’envola par la fenêtre. Sous la capuche, un pouffement de rire se fit entendre. La deuxième carte, une bleue particulièrement humide, lui glissa des mains mais finit tout de même par entailler le bras du mannequin. L’adulte dit alors : « Pas encore assez agile. ». Julia glissa le paquet nommée « Bluff » dans sa poche, il était quand même bien amusant. Le dernier jeu était d’un rouge orangé, chaud au toucher. Elle prit la première carte et se concentra avant de l’envoyer sur le mannequin. Un bras s’en détacha et roula au sol. Jackpot ! Elle attrapa plusieurs autres cartes et les envoya à nouveau sur le boudin de foin. Ce dernier se transforma en un joyeux feu de camp que les adultes s’empressèrent d’éteindre. « Tu as trouvé ton élément, petite. Tu peux faire ta vie à présent. », commenta la capuche. Armée de ses deux jeux de cartes et de son baluchon, Julia prit la direction du Sud.


***


Au cours de son voyage, Julia amassa assez d’économies pour commencer une nouvelle vie. Elle finit par arriver devant la cité de Djaul : Brâkmar. Les yeux de l’adolescente furetaient dans tous les sens, il y avait tellement de choses à voir dans les grandes villes. Des marchands douteux sillonnaient les rues pour refourguer leurs marchandises, pendant que des soldats ramenaient des prisonniers amochés à la milice. Julia se perdit plusieurs fois dans le dédale des quartiers. Cette visite et l’air chaud de la cité lui brûlait la gorge. Elle se mit en quête d’un de ces établissements qui ornaient une énorme chope sur leurs devantures. En voilà une ! Elle entra d’un pas sûr, avant de valser cul par-dessus tête vers la sortie. Un énorme Iop lui montra le panneau mal écrit à l’entrée de la taverne : « Pas de gamine ici ! ». Il retourna à l’intérieur en grommelant. La jeune fille lorgna à la fenêtre de l’établissement. Des gens riaient aux éclats, des prisonniers menottés s’amusaient même avec leurs geôliers. Elle se surprit à baver devant un lailait qui traînait sur une table. Un Enutrof aviné se fit mettre dehors à son tour : « Reviens quand tu pourras payer ! ». Le vieil homme ronchonna dans sa barbe et commença à s’éloigner en chancelant. Julia trottina pour le rattraper et lui agita quelques kamas sous le nez, ce qui le fit s’arrêter net. Elle demanda s’il pouvait chercher du lailait à sa place et lui donna assez pour qu’il se paye une chope. Ce qu’il alla faire dès que les kamas atteignirent la paume de sa main. A son retour, il donna un breuvage brun à la jeune fille. Ce n’était manifestement pas du lailait. Assoiffée, elle y trempa tout de même ses lèvres et découvrit bientôt la joie de l’ivresse.


***


Sa silhouette d’enfant n’était plus qu’un souvenir, ses formes étaient agréables à l’œil et elle le savait. Elle en profita pour obtenir des tas de choses auprès des habitués de l’échoppe. Devenue l’attraction principale, elle se faisait offrir des bijoux et des alcools, parfois somptueux. Des spiritueux de Pandala réservés aux initiés, aux tord-boyaux brâkmariens… La belle vie commençait à lui plaire. Le patron de l’établissement nageait dans le bonheur, son commerce était des plus florissants. Un disciple d’Eniripsa aux cheveux rouges sang lui proposa plusieurs fois d’acheter sa pouliche, mais il refusa à chaque fois : il l’aimait bien cette petite. Malgré les refus, le petit homme se fit de plus en plus insistant et se décida à prendre les choses en main.
Ce soir-là, Julia s’amusait avec ses habitués préférés. Il y avait tout d’abord Sam : originaire de Pandala, cette petite boule de poils aux yeux verts tout ronds, était le confident de la jeune féline, ils pouvaient parler pendant des heures, tant qu’une bonne bière se trouvait entre eux. Puis Clover, la disciple de Iop aux blagues nulles mais pourtant hilarante. Cette blonde caricaturale mettait de l’ambiance partout où elle allait. Enfin, il y avait Alex, un disciple de Sacrieur au teint hâlé et aux cheveux couleur corbac. Rapide comme l’éclair, particulièrement pour remplir sa chope. Ce grand enfant se chamaillait beaucoup avec Clover, mais ces trois-là restaient inséparables. Lorsque Sam se sentit sur le point de vomir, Julia l’accompagna dehors et lui tint compagnie le temps que les deux autres compères règlent la note. Elle tapota sur le dos de Sam, il n’avait jamais été malade avant et semblait mal en point. Soudain, elle sentit deux poids se jeter sur elle et lui immobiliser les bras dans le dos. La féline se débattit vivement jusqu’à ce que Sam ne se redresse miraculeusement et ne lui plaque un tissu humide sous le museau.  


***


A son réveil, elle se trouvait dans une maison aux airs de manoir. De hauts murs violets, avec des rideaux rouge bordeaux, des lanternes cachées derrière des décorations pour donner un effet tamisé à la lumière. Au sol, des tapis, qui alternaient eux aussi entre le mauve et le rouge. Julia se précipita vers la porte et essaya de l’ouvrir en vain. « Ça ne sert à rien. », lui répondit une petite voix féminine. Julia se mit en garde et son pelage se dressa. Elle tâtonna ses poches à la recherche de ses cartes de jeu. Pas de carte, pas de poche non plus. Elle portait une robe très courte aux tons bleu pâle. Ses longs cheveux émeraude avait été brossé en une tresse qui lui arrivait jusqu’au milieu du dos. « C’est Monsieur qui a ton équipement. Je doute qu’il te les rende. », La voix se rapprocha et dévoila une disciple de Crâ. Ses cheveux châtains en bataille et son marcel lui donnait un air de garçon manqué. La féline miaula la question qui lui brûlait les lèvres et la femme lui répondit : « Tu es dans la Maison des Délices. Les gens payent pour nous voir, ou nous toucher. L’argent va à Monsieur. Si les clients t’apprécient, tu auras droit à de petits cadeaux. » L’adolescente lui posa d’autres questions. « Je m’appelle Sandra, ça fait trois ans que je suis là. Une blonde baraquée et un Sacrieur t’ont ramenée cette nuit. Tes amis ? Tu es dans la cité du vice et surtout celle des traîtres, petite. Non, nous ne sommes pas les seules, mais les autres sont au travail aujourd’hui. J’ai dû rester ici pour te surveiller. Pas besoin de me dire ton nom pour le moment. Demain, Monsieur passera te donner ton surnom de travail et tu te mettras au boulot juste après. » Julia se roula alors en boule et attendit.
Monsieur arriva en début de soirée, ses cheveux rouges coiffés en arrière et ses ailes repliées dans son dos. Il inspecta les jeunes femmes, en rang devant lui. Une fois au niveau de Julia, il lui plaça un brin d’Herbe à Chacha dans les cheveux. Son surnom fût choisit, et elle se mit à travailler le jour de son seizième anniversaire.
Erreur de débutante, Herbe se fit mettre en cloque très rapidement. Elle essaya de le cacher mais quand le ventre se fit trop rond, certains clients le firent remarquer à Monsieur. Celui-ci envoya ses deux molosses : Minus, le disciple de Xélor pas très futé et très agité, ainsi que Cortex, un disciple de Iop plus posé mais d’une musculature impressionnante. Herbe regarda le client s’éloigner d’un pas heureux et se prépara à retourner dans le salon d’attente, Cortex lui bloqua le chemin et la guida jusqu’à la salle de repos des filles. « Le boss n’est pas content. Donc nous non plus ! », aboya Minus de sa voix niaise. « T’as plus le droit de te montrer, jusqu’à ce que le môme pointe le bout de son nez ! Et pour être sûr que tu bouges plus… », Cortex plaça une de ses grandes mains contre la bouche de la jeune femme tandis que  Minus lui assena un coup de marteau droit dans le genou. Herbe poussa un cri étouffé et tomba au sol. Minus fit signe à Cortex et ils se dirigèrent vers la sortie. « J’adore ce boulot ! », dit le petit homme en sautillant gaiement.
Sandra la prit sous son aile et l’aida quand la petite pointa le bout de son nez. Un petit nez sur un visage tout rond aux grands yeux dorés, comme ceux de sa mère. Minus et Cortex vinrent le jour suivant et malgré le blocus des jeunes femmes, ils emmenèrent l’enfant jusqu’à Monsieur. Pas question qu’elle perturbe le travail des filles. Herbe recommença à travailler dans les jours qui suivirent.


***


Grâce à la force de Cortex, la féline perdit son deuxième enfant avant qu’il ne naisse. Elle n’avait plus goût à rien et se laissait dépérir. Les deux brutes devaient l’emmener eux-mêmes jusqu’au salon où ils lui donnaient une espèce de poudre blanche afin qu’elle s’active un peu. Poudre qui tachait son pelage d’une façon qui lui semblait familière. Herbe ne parlait plus et se contentait de se mettre en boule dans un coin après le travail.
Ce jour-là, Sandra vint la réveiller en sursaut : « On se tire ! ». La féline ne réagit pas. « Viens, on récupère ta gamine et on fait tout sauter ! », dit-elle en attrapant son amie par les épaules. Cette dernière sembla émerger d’un profond rêve et observa la garçonne. Tout bien réfléchi, les tâches noires sur son visage devaient être de la poudre explosive, et la bougie dans sa main n’était pas juste pour éclairer. « On va sortir par la cuisine, Cortex n’a pas vérifié le verrou et la fille qui s’en occupe a laissé ouvert. Mais toi et moi on a un truc à faire avant. » Les filles avancèrent à tâtons dans le manoir jusqu’à un couloir de service. Sandra fit signe aux autres de continuer vers la cuisine, tandis qu’elle et Herbe montaient les escaliers jusqu’à la chambre où dormait l’enfant. Porte fermée, évidemment. Monsieur devait avoir gardé la clef. Herbe pénétra dans la pièce où il dormait et se mit à fouiller les tiroirs le plus silencieusement possible. Aucune clef à l’horizon. Elle tourna autours du lit. Là, autour de son cou. Elle tenta d’attraper le collier. Au moment où sa main effleura la peau du disciple d’Eniripsa, il lui agrippa le bras et invectiva : « Qu’est-ce que tu fous là ?! ». Herbe attrapa la première chose qu’elle pût et éclata le vase sur le crâne de Monsieur. Une fois assommé, elle lui arracha le pendentif et courut ouvrir la porte. Dans le berceau, le petit ange aux cheveux rouge sang s’agitait, réveillée par tout ce remue-ménage. La voix niaise de Minus se rapprochait de la pièce. La féline pris l’enfant contre elle et tomba nez-à-museau avec le petit homme. La petite se mit à pleurer. « On vole les petites filles ? C’est vilain-vilain… », s’amusa-t-il. La jeune mère toucha le mur en reculant et serra plus fort la petite, tandis que Minus préparait son marteau. Sandra apparu derrière lui et lui mit un coup sur la tête : « Dépêche-toi ! ». Herbe et elle se mirent à courir vers la cuisine à toute allure, Minus et Cortex sur les talons. Elles franchirent la porte extérieure et Sandra lança sa bougie à l’intérieur. Les occupants furent grillés et la Maison des Délices éclaira une dernière fois la cité.



***


Parmi la cacophonie des rues d’Astrub, se distinguent les rires d’une enfant aux cheveux rouges. Du haut de ses sept ans, elle domptait fièrement un félin au pelage vert. L’animal galopait dans toute la ville, slalomant entre les habitants moroses et les vendeurs à la criée. La petite s’esclaffait à chaque fois qu’un d’entre eux grondait sur elles. L’animal accélérait alors, encouragé par ses rires, jusqu’à ce que ses pattes s’emmêlent dans un virage. Elles finirent leur course dans un tas de tonneau de l’autre côté de la rue. Herbe se précipita vers l’enfant qui s’était mis à pleurer et souffla sur le vilain bobo sur son front avant d’y déposer un petit baiser magique. Cela ne suffit pas à la calmer. La féline se dirigea vers une maison à la porte grande ouverte. Une jeune disciple d’Eniripsa se hâta vers l’enfant : « Viens ma belle, on va te mettre un joli pansement ! ». La petite se fit entraîner plus loin avant même que sa mère ait eu le temps de répondre. Une disciple de Feca vint alors à sa rencontre : « Ne t’en fais pas, ta petite est entre de bonnes mains. Un beau pansement à nounours et il n’y paraîtra plus. ». Herbe regarda l’intérieur de la maison. Çà et là, des gens portant un chapeau de paille et une cape blanche ornée d’un point rouge discutaient, écrivaient des parchemins et saluaient les passants. « Nous sommes les Samoulailles, nous sommes mercenaires. », repris la jeune femme. « Ce qui signifie que nous sommes payés pour faire toutes sortes de choses. Des évènements aux agressions en passant par l’entraînement. », elle se dirigea vers un parchemin accroché sur le mur. « Si je peux me permettre… tes vêtements et ceux de ta p’tiote ne sont pas en très bon état, et je te vois souvent traîner devant la taverne. Tu peux nous rejoindre et te faire un peu de sous. Vous pourrez dormir ici à l’occasion, parfois on ramène même des goûters. Tu en es ? », poursuivit-elle. Quand la réponse parvint à ses oreilles, la jeune femme afficha un large sourire : « Je suis Luneal Tamori. C’est moi qui m’occupe des nouvelles candidatures. », puis elle commença à parler longuement de toutes les règles et valeurs des chapeaux de paille. La féline laissait ses yeux fureter aux quatre coins de la pièce. « C’est d’accord ? ». La question lui fit faire un petit bond de surprise et elle se mis à bredouiller. Luneal se tapa le front : « Bon… On va faire plus simple pour toi. Envoie-moi un tofu messager. Si tu y arrives, je t’accorde un entretien. ». Herbe laissa Bonbon s’amuser avec la disciple d’Eniripsa, qui semblait être aux anges, puis se mis en quête d’un tofu.
Dans les champs au nord de la ville, des paysans aux airs de goules fauchaient inlassablement les blés, tandis que des groupes d’archers abrutis fonçaient sur la faune locale pour la décimer.  Herbe se mit en position de chasse, ne laissant dépasser de sa cachette que le bout de sa queue. A quelques kamamètres devant elle, un tofu picorait des graines de blé. Elle bondit mais juste avant d’atteindre sa cible, un archer stupide tira sur la bête, sept autres archers se précipitèrent sur la carcasse de l’animal arrachant bec et plumes et se mirent à courir en direction d’une rose maléfique. Herbe, hébétée, se dirigea vers un autre tofu plus à l’est. Le massacre se reproduit et au bout de plusieurs essais elle retourna vers la ville, bredouille.
Quand elle se prépara à passer la porte des Samoulailles, une disciple de Sacrieur lui attrapa le bras. Elle lui tendit une petite cage où se trouvait un tofu bien portant, un petit papier déjà accroché à la patte : « Ouvre juste la cage et il trouvera Luneal tout seul. », annonça-t-elle en souriant. Herbe se mit à rougir. « Moi c’est Alexia. Si tu veux me remercier, deviens mercenaire, on pourra traîner ensemble. », elle ria en voyant la féline perdre ses mots et lui déposa une bise sur la joue. Herbe ouvrit la cage de l’oiseau qui voleta jusqu’à l’intérieur de la maison.
L’entretien débuta, et les deux jeunes femmes descendirent à la cave. Luneal s’installa au centre de la pièce, le visage caché par l’obscurité. Elle montra le tapis devant elle, et Herbe s’y assis. Après plusieurs questions basiques sur le mercenariat et les contrats, la chef demanda : « Oui ou Non ? ». Herbe inclina la tête sur le côté et se mit à réfléchir, ne comprenant pas si elle avait loupé une partie de la question. Quand elle annonça sa réponse, la disciple de Feca fit une moue déçue. La féline baissa alors la tête, persuadée d’avoir raté l’entretien. La jeune femme prit une voix plus dure : « Maintenant tu m’écoutes et tu t’exécutes : Un pas en avant, deux en arrière, un à gauche, un à droite. ». L’animal obéit docilement. « Bravo, tu sais danser ! Bienvenue chez les Samoulailles ! ». Herbe remonta les escaliers et se dirigea vers la tatouée : « T’as l’air abasourdi. Elle t’a fait le coup de la danse ? », Alexia se mit alors à rire aux éclats puis elles se mirent en quête d’un uniforme pour la nouvelle recrue. Le soir venu, les jeunes femmes prirent place dans un coin de la grande pièce. Bonbon était tranquillement endormie sur les genoux de sa mère, un joli pansement avec des oursons ornait son front. Alexia ne tarda pas à l’imiter, laissant tomber sa tête contre l’épaule de la fille aux long cheveux verts. Une disciple de Xélor entra et se dirigea vers le tapis au centre de la pièce. Elle déposa ses affaires et souffla dans sa flûte. Les mercenaires s’endormirent alors tour à tour, bercés par la douce mélodie.


***


A l’arrière de la maison des Samoulailles, une drôle de famille s’entraînait. Une féline verte et une jeune femme tatouée reprenaient en chœur des encouragements. L’objet de leur attention était la petite Bonbon. Elle jouait avec un arc de boisaille et des petits bâtons en guise de flèche. Plus loin devant elle, une cible grossière dessinée sur un bout de papier, lui-même accroché sur une botte de foin. Les brindilles entassées aux pieds de l’apprentie archère témoignaient de nombreux échecs. Ce qui ne semblait nullement entamer sa détermination. L’enfant banda son arc et se concentra sur la cible. Le bâton tomba au sol à la moitié du trajet : « Plus fort, ma chérie ! », dit Alexia. Bonbon tira plus fort sur la ficelle de lin, elle ferma l’œil gauche et tira un peu la langue au moment de relâcher. Le bâton vrilla dans l’air jusqu’à sa cible. Il heurta le bout de papier avant de s’écraser. Les deux femmes poussèrent des cris de joies et la petite se précipita vers elles. « Je l’ai touché ! Je l’ai touché ! », répéta-t-elle pendant que sa mère l’enlaçait. Alexia prit part au câlin et passa ses doigts sur le bout des oreilles de la petite : « Regarde, elles sont encore plus pointues ! Tu es une vraie Crâ maintenant ! ». Bonbon se mit à courir dans la cour en scandant : « Ouais ! Je vais être aussi forte que Sandra ! ». Herbe sourit en repensant à sa vieille amie. Alexia se blottit contre elle en regardant la fillette : « C’est bien qu’elle choisisse elle-même sa Déesse. Elle fait de grands progrès. ». Luneal apparut dans la cour. Elle félicita l’archère puis fit signe à la tatouée : « Mince, j’ai un contrat ! A plus tard ? ». Herbe acquiesça et embrassa sa compagne avant de la laisser filer.
Bonbon sur les épaules, elle rentra dans la maison en chantonnant. Cendre de lune, Petite bulle d’écume… Un air que l’enfant repris à son tour. Poussée par le vent, je brûle et je m’enrhume... Cet air trottait dans la tête de la féline depuis la maison des Délices. Certaines des filles le chantaient. Sandra détestait ça. Herbe se dirigea vers le tableau d’affichage et jeta un œil distrait aux contrats. Entre mes dunes reposent mes… « Pas beaucoup de contrat de chant ces derniers temps. » La verte sursauta, ce qui fit rire la petite archère. A sa droite, un homme qu’elle avait déjà croisé dans la maison. Malgré son chapeau de paille, il portait, en dessous de ce dernier, une capuche d’un vert impérial. Elle n’avait jamais vu son visage. Il se cachait derrière un masque gris simple représentant un crâne, deux énormes ronds blancs à la place des yeux. Elle ne comprenait d’ailleurs pas comment il pouvait voir à travers ça. Son haut, assorti à sa capuche, laissait apparaître des bras couleur chair. Il était toujours suivi d’un tofu aux plumes noires qui portait un collier avec un pendentif gravé à son nom : Tokette. Herbe ne savait pas vraiment comment réagir. Son humour lui semblait parfois trop haut perché et elle n’avait pas encore réellement discuté avec lui. Elle se contenta alors de sourire. Bonbon demanda à descendre de ses épaules et se précipita vers lui pour jouer avec le tofu. Tokette pris peur et se réfugia derrière son maître. L’homme récupéra son tofu d’un air inquiet : « On ne touche pas ! Pauvre tofu… Viens on va te brosser. ». Il se dirigea vers un coin de la pièce en déposant de petits baisers sur l’animal. Elle le regarda s’éloigner en tenant l’enfant comme elle. Il affirmait être un disciple de Sram mais il était pourtant plus en chair qu’en os. Herbe supposait que sa foi n’était pas assez forte pour déclencher sa transformation. Il avait sûrement dû prendre un dieu de substitution en attendant que Tokette soit élevé au rang des Douze.


***


Bonbon se dirigea vers le panneau d’affichage et le déplaça légèrement sur le côté. Elle attrapa le petit parchemin derrière le panneau de liège et fila le donner à sa mère : « T’as un contrat de maman ! ». Herbe sourit et se mit à lire en entortillant ses cheveux émeraudes autours de ses doigts. Consignes : Découpez un nounours dans la cape de la cible. Paiement : Un baiser, bonus disponible si la cible n’est pas alertée. Cible : Luneal Tamori. Bonbon sautillait sur place, elle adorait ces petits contrats clandestins. Elle approcha son oreille des lèvres de la féline et écouta attentivement les consignes.
Prétextant des questions sur un contrat, Herbe demanda l’attention de la disciple de Feca. Quand elle débuta une de ses interminables explications, la verte fit remuer le bout de sa queue. Le signal était lancé. Bonbon sortit de derrière le comptoir et avança à pas feutrés vers la pauvre cape. Elle attrapa doucement le bout de la cape et le souleva. Luneal tira sur le côté du tissu mais avant qu’elle ne puisse se retourner, une autre question lui fut posée. Les ciseaux avaient dessiné une patte de l’animal et s’attaquaient maintenant à sa bedaine. Herbe remua la queue plus vite, Bonbon accéléra. « Tu as d’autres questions ? Parce que j’ai à faire et… », Bonbon remua la tête de droite à gauche. Plus le choix. La féline embrassa la cible sans crier gare pendant un instant qui sembla une éternité. La petite archère tira sur la queue de sa mère et retourna se cacher derrière le comptoir. Mission accomplie. Elle libéra de ses lèvres une Luneal rougissant, un peu hébétée. La cible se redressa et pris un ton sérieux : « Pas de ça ici ! Ce n’est pas une maison close ! », grommela-t-elle en s’éloignant. Herbe baissa les oreilles et pris un air déçu, jusqu’à ce que la chef disparaisse de son champ de vision. Bonbon sortit de sa cachette et topa dans la main verte. Elles éclatèrent de rire et déposèrent le parchemin de réussite à l’endroit habituel.
Le soir venu, la petite famille se retrouva à la taverne pour discuter. Alexia posa le parchemin sur la table et annonça fièrement : « Encore un contrat rondement mené, jeune Samoulaille ! Mon informateur m’a raconté ton plan de secours, je regrette de ne pas avoir vu ça ! Tu mérites ta récompense. ». Elle s’approcha des lèvres couleur vert d’eau et y déposa un baiser. Bonbon grimaça. « Et voilà le bonus. », elle sortit une glace de son sac et la tendit à la rouquine qui se jeta dessus. Elle se retourna vers la féline : « Tu imaginais une autre sorte de bonus ? Toujours se renseigner à l’avance sur le paiement, jeune disciple ! », plaisanta-t-elle.


***


« Client : Alexia
Cible : Julia
Consigne : Parler à Bonbon
Paiement d’avance : Alliance en or
Remarque : On savait toutes les deux comment ça finirait. Le moment est arrivé. On se ressemble beaucoup trop : s’amuser comme des enfants, boire jusqu’à plus soif, finir dans le lit d’autres personnes, le nez poudreux, notre jalousie maladive... J’en ai assez qu’on se dispute sans trouver de responsable, parce que c’est notre faute à toutes les deux. Assez qu’on se partage Bonbon de cette façon. Je te fais confiance pour dire à la petite que ce n’est pas de sa faute, et que je l’aime. »



***


Les explications de la féline ne lui semblaient pas crédibles aux oreilles de la rouquine. Tout allait si bien dans son monde. Elle ne voulait plus l’entendre, cette mère qui ne lui ressemblait même pas. Verte contre rouge. Grande contre Petite. Museau contre Nez. Elle criait à qui veut l’entendre qu’elles n’étaient pas de la même famille. Evidemment, personne n’accordait de crédit à l’enfant, à raison, et cela la mettait encore plus en rage. Elle était sûre que c’était sa faute si Alexia était partie sans prévenir.
Quand son humeur s’assombrissait, Bonbon allait souvent parler à sa déesse. Elle fut interrompue dans sa prière par une main sur son épaule. Elle se retourna et hoqueta de surprise en voyant sa mère arborer une crinière rouge sang : « C’est pas parce que tu colores tes cheveux qu’on se ressemble ! C’est stupide ! ». L’adulte ouvrit la bouche pour répondre mais Bonbon la coupa : « C’est à cause de toi ! Elles partent toutes à cause de toi ! Tu lui as fait comme à Sandra ?! ». Une gifle arrêta la tirade de la fillette, pour un instant seulement : « Tu vas aussi me pousser pour plus que je me réveille ?! », cria-t-elle, les yeux brillants. Sa mère tenta de lui attraper les épaules pour la raisonner mais la petite fila se cacher à la vitesse d’un tofu. Herbe s’éloigna du regard pesant de la Crâ de pierre.
La pluie se mit à tomber quand elle arriva devant la grande maison des chapeaux de pailles. Des éclats de rires et des piaillements de tofu filtraient à travers les fenêtres. Elle prit son chapeau et le fixa en récitant, comme un mantra, Cendre de Lune… Petite bulle d’écume… espérant chasser les mots de Bonbon de son esprit. L’eau fit perler des gouttes de teinture sur la paille et ses doigts. Elle posa son uniforme au pied de la maison et tourna les talons.


***


« T’as entendu ? Il parait que le château d’Amakna est encerclé par les rats ! », lâcha un garde. Son collègue se mit à rire aux éclats : « Je suis sûr qu’Allister ne peut même pas décoincer sa graisse de son trône pour défendre ses précieux bouftous ! ». Une oreille verte s’extirpa de sa cachette et se tourna vers les deux gardes. « Ils se moquent de notre ville mais ils sont obligés d’appeler des mercenaires d’Astrub à l’aide ! ». L’autre garde se tapa le front. « Ces mecs avec leur paille ridicule sur la tête ? Les amaknéens n’ont plus qu’à pleurer dans les miches de leurs femmes, jamais ils… » Les voix rocailleuses des gardes se perdirent au loin alors que l’ombre féline se rua vers le Zaap, prenant appui sur ses quatre pattes pour aller plus vite. Elle arriva à toute allure devant le portail et bondit à travers. L’odeur de la laine remplaça celle du soufre.  Brâkmar n’était plus qu’une image perdue dans les volutes bleues du Zaap. Les habitants se pressaient vers les portes de la ville en hurlant. Herbe se remit sur ses membres inférieurs, sa grande taille lui permis de voir une horde de rat arriver dans sa direction, toutes armes dehors. Elle bondit alors sur un tas de bois et grimpa sur le toit de la maison à sa gauche. Les rats, bave aux lèvres, se rabattirent sur les habitants comme un chacha sur une portée de bébés pious. Avançant prudemment sur les tuiles, la féline prit la direction du château. Le cadavre tordu d’un rat tenait les portes du château entrouvertes. La jeune femme descendit de son perchoir et enjamba l’animal mort. Le bruit assourdissant des armes lui fit mettre les oreilles en arrière. En position de chasse, elle se dirigea lentement vers les combats. Elle poussa la porte de la bibliothèque, et aperçu des visages familiers. Une disciple de Sadida à la peau brune et aux cheveux couleur corbac se battait contre plusieurs milirats. Des ronces transpercèrent le sol et emprisonnèrent un à un les assaillants. Sur la droite, Luneal assommait les animaux restant à grands coups de bâton. Essoufflées mais triomphantes, elles se tournèrent vers la féline. Le sourire de la disciple de Feca se mua en cri d’avertissement. Une vive douleur frappa sa tempe et Herbe tomba lourdement au sol.


***


La jeune verte ouvrit les yeux doucement, l’un après l’autre. Elle vit le sol, bougeant sans qu’elle ne fasse un geste. Puis un tofu, puis trois. Le petit tofu noir se mit à piailler. « Notre invitée est réveillée ? Bonjour vous. ». Elle aperçut le visage du gentil fou aux mille tofus, qui lui renvoya un sourire. « Tu peux marcher ? » Pas vraiment pressée de descendre de son perchoir, elle se remit sur ses jambes maladroitement. Les tofus se ruant dans ses pattes ne l’aida pas vraiment à marcher droit. L’homme siffla et les tofus se placèrent derrière eux en file indienne. « On va prendre le Zaap, ne les écoute pas. » Il plaça sa main dans le dos de la féline pour qu’elle accentue sa vitesse. Près du portail, une foule scandait joyeusement le nom des Stères. Des bribes d’injures perçaient à travers les acclamations. Au moment de passer le portail, une main agrippa le bras du maître-tofu : « C’est pas vos nouvelles ailes de bois qui feront de vous des vrais mercenaires. Vous êtes toujours aussi nuls. » Les tofus se mirent à picorer la main de l’assaillant, qui lâcha prise aussitôt. Le duo passa alors le portail suivit de près par les volatiles. Les exclamations du château disparurent dans le vacarme d’Astrub. La féline se permit de poser la question qui lui brûlait les lèvres. L’homme laissa échapper un petit rire avant de répondre : « Oh bah, c’est simple. Tu t’es fait assommer par un rat, comme une débutante. Maelys et Luneal ont cherchés à te réveiller mais visiblement tu as préféré faire la sieste. Allister est sain et sauf. Pour nous… remercier, il nous a promu mercenaires officiels de son frère Fallanster. Ailes de bois, coffres à clés et tout le toutim. ». Herbe ne fit pas de commentaire mais prononcer le mot remercier sembla lui écorcher les lèvres. Une fois devant la bâtisse des Samoulailles, elle le remercia pour son aide et lui présenta ses félicitations. Le disciple de Tokette la retint près de lui : « Tu comptes aller où ? Oui, tu as quitté le clan, mais nous savons tous ce qu’il s’est passé avec ta fille. Ce n’est pas ta faute. Luneal a une surprise pour toi. Viens avec moi et installe-toi dans un coin. »
Parmi les Samoulailles, une nouvelle tête interpella la féline. Un canotier aux bords large et au ruban brun ornait un visage féminin. Des cheveux d’un noir intense, passés derrière ses oreilles lui donnait un air sérieux. Elle portait une robe rouge et noire, un sabre Ayassalama était accroché à sa ceinture. Un petit marcassin courait dans tous les sens autours de ses jambes : « Je vois que nous sommes presque au complet, nous allons commencer. Je me présente, je suis Emy, membre de la fratrie Stère. Allister nous a confié l’officialisation de votre clan. Mes frères et moi seront vos intermédiaires avec les entités royales telles qu’Allister. Nous allons procéder à la remise des ailes ainsi qu’à votre inscription sur le registre du nouveau clan Stère. Luneal Tamori ? » La disciple de Feca s’approcha à l’annonce de son nom. « Suite à votre implication dans le clan, vous serez promue Haut-Stère. » L’un des frères déposa un canotier semblable à celui de la nouvelle chef sur la tête de Luneal tandis que l’autre usa d’une magie inconnue qui sembla faire pousser de larges ailes de bois dans son dos. La jeune femme s’inclina devant Emy, qui s’inclina à son tour. Luneal recula et une autre recrue pris sa place. La cérémonie s’éternisa. Herbe se tourna vers le maître-tofu qui se démenait pour tenir ses grandes ailes en place. Il se pencha pour écouter sa question et lui répondit en souriant : « Sois patiente. ».
« Julia del Arbustia ? ». La féline sursauta et se leva maladroitement. Luneal lui adressa un grand sourire et lui fit signe d’avancer. La forte voix d’Emy résonnait à ses oreilles : « Suite à votre implication, vous serez nommée Mini-Stère. » Ces mots prononcés, elle sentit les deux ailes de bois pousser dans son dos, et se mit à grimacer. Luneal s’approcha en riant : « La douleur va vite partir. » Un chapeau plus petit que celui des hauts gradés fut déposé sur sa tête. Herbe s’inclina devant Emy Stère, ce qui conclut la cérémonie.




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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Jeu 2 Juin - 15:26

Génial *-* vivement la suite !
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Ven 3 Juin - 16:51

ahhhh . Pareil, je veux lire la suite !
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Sam 4 Juin - 14:36

On doit encore t'appeler Herbe ? ._.
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Sam 4 Juin - 14:52

Bah c'est mon nom Surprised
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Sam 4 Juin - 16:03

Herbe ! Herbie ! Herbinou ! Herbounette ! Herbichoupinette ! Herbinouchoupinounette !

La plus grande et gentille des Ecaflipettes. n_n
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Mar 7 Juin - 0:53

Beuh c'est cro triste Sad
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Mar 28 Juin - 16:14

Coucou, nouveau petit bout de l'histoire. J'ai édité le premier post. Et je vous le met ici aussi.

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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Mer 29 Juin - 10:35

Est ce qu'Aza va bientôt apparaître ? ;o
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Mer 29 Juin - 10:49

Je me suis posé la même question Wink
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Mer 29 Juin - 14:12

La suite.. la suite.. !  bounce
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Ven 22 Juil - 15:28

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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Ven 22 Juil - 20:02

Yeaaaaaaaaaaaaah trop cool ! Supertofuman est arrivé *-*  bounce
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Dim 24 Juil - 13:01

Tu peux te brosser Martine !


(Désolé :c)
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Mer 12 Oct - 14:55

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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Mer 12 Oct - 18:31

Yeaaah une suite !!  bounce Encore  Very Happy
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Jeu 13 Oct - 19:06

Faut que tu racontes jusqu'à ton intégration chez nous, hein :p
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Jeu 13 Oct - 19:20

Wow. Ca va en faire du chemin.
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Jeu 13 Oct - 19:34

Ouais !!! pour pleins d'histoires  I love you
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Sam 15 Oct - 12:00

Toujours aussi passionant, vivement la suite ^-^
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MessageSujet: Re: Julia Del Arbustia   Dim 16 Oct - 14:11

Moi j'aime bien,il y a des tofus dans l'histoire ! bounce 

Vivement la suite-euh ! Ihihih
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